缓慢 / La Lenteur

 
“I consider those four months and ten days between the two poems, four months Apollinaire spent in the trenches, deep in intense erotic reveries that brought him to that shift in perspective, to that revelation: the ass hole is the miraculous focal point for all the nuclear energy of nakedness. The vulva portal is important, of course (of course, who would deny that?), but too officially important, a registered site, classified, documented, explicated, examined, experimented on, watched sung, celebrated. Vulva: noisy crossroads where all of chattering humankind meets, a tunnel the generations file through. Only the gullible believe in the intimacy of that site, the most public site of all. The only site that is truly intimate, whose taboo even pornographic films respect, is the hole of the ass, the supreme portal; supreme because it is the most mysterious, the most secret.”
 
“Je pense à ces quatre mois et dix jours qui séparent les deux poèmes, quatre mois qu’Apollinaire a passés dans les tranchées, plongé dans les rêveries érotiques intenses qui l’ont amené à ce changement de perspective, à cette révélation : c’est le trou du cul le point miraculeux où se concentre toute l’énergie nucléaire de la nudité. La porte de la vulve est importante, bien sûr (bien sûr, qui oserait le nier ?), mais trop officiellement importante, endroit enregistré, classé, contrôlé, commenté, examiné, expérimenté, surveillé, chanté, célébré. La vulve : carrefour bruyant où se rencontre l’humanité jasant, tunnel par lequel passent les générations. Seuls les nigauds se laissent convaincre de l’intimité de cet endroit, le plus public de tous. L’unique endroit vraiment intime, c’est le trou du cul, la porte suprême ; suprême car la plus mystérieuse, la plus secrète.”

—— Milan Kundera, La Lenteur