les photographies de Laurent Benaïm / Laurent Benaïm’s photography / Laurent Benaïm 的摄影

I have always been fascinated by sexuality, the diversity of our practices, the never ending will of those who try to make their fantasies come true ; fascinated by this incredibly intense moment, orgasm, when all barriers, rules, everyday wisdom, seem to collapse to let intimacy be seen : the true nature of human beings unveiled.

I am interested in any of those moments of ecstasy, whatever their nature : thoroughly organized by the complexity of rules and codes, the decorum of fetish practices, or the happy chaos of spontaneous copulation, by pair of more. All those moments are moments of life, they are rich of a strong humanity, cheerful, funny sometimes, serious at other times – they are always loaded with a deep, powerful emotion.

Any art in there ? I make pictures and leave it with the audience whether they wish to see them as art or as pornography, or both. I do not care about categories.

My work has grown with time and reputation. Today my models are those who come to me, “real people from real life”, who wish to play with their sexuality on stage. I have no esthetical criteria, as I am not interested in stereotypes, but in the desire of the human beings I meet, beautiful by nature, whatever its shape.

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J’ai toujours été fasciné par le sexe, la diversité des pratiques, la volonté et la persévérance des êtres à réaliser leurs fantasmes ; par le moment incroyablement intense de l’orgasme où les barrières, la bienséance, son « juste milieu », le « sens de la mesure », tout cela vole en éclats pour faire apparaître l’intimité, la nature des hommes et des femmes qui se révèlent. Ces instants de jouissance m’intéressent dans toutes leurs formes : qu’ils soient beaux, qu’ils soient laids ; qu’ils soient régis par des codes stricts et le décorum lié aux pratiques du fétichisme le joyeux chaos d’une copulation spontanée, à deux ou à plusieurs. Ce sont des instants de vie, riches, humains, joyeux, et parfois drôles, des moments pleins d’une émotion bouillonnante et profonde.Y a-t-il de l’art dans tout ça ? Je réalise mes images en laissant le choix au public de décider lui-même : art ou pornographie ? Je ne me soucie pas de la catégorie. Mon travail a fait boule de neige, et mes modèles aujourd’hui sont ceux qui viennent à moi, des « vrais gens de la vraie vie » qui ont envie de mettre en scène leur sexualité. Je n’ai pas de critères de sélection esthétique puisque ce qui m’intéresse n’est pas la beauté et ses canons mais l’expression du désir des êtres humains que je rencontre, beau pour lui-même, quelle que soit sa forme.

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from:
Laurent Benaïm

Glimpse Vol. 9 extrait 1 / Glimpse Vol. 9 preview 1 / Glimpse Vol. 9 片段一

The Collector
Review by Victor Westman

The completion of his feature film, The Lost Door did not stop Roy Stuart from continuing to work on his Glimpse films and produce a new opus, the ninth in the series. Collection is more the word: heterogeneous and baroque, like a cabinet of curiosities. Here the order of scenes matters little. The organic unity of the ensemble is assured . the elegant apartment; the Parisian streets; the European cities …

The spectator percieves some models from past Glimpse films, recurring situations, succeeding chapters separated by sober fade outs to black. Several scenes presented in the Glimpse teaser from the Taschen book”ROY STUART V” can be seen here in their complete version.

The action revolves around the main themes of the filmaker : masturbation in the armchair, urologie, sex on the carpet or in the woods, semi exhibition in the street. A minimum linear narrative but with a connection…..

Is the filmaker repeating himself? Not so simple.
It’s as if a formal poet or a classical dramatist is at work-, Stuart seeks to register in a rigid framework the inalienable liberty of sex, his perpetual credo. The basic format of the series implies repetition but it is the subtle vartiations that interest us. For example Stuart doesn’t hesitate to film the man in the raincoat (reversing the roles of macho pornography) and the beauty of the black man, his perfect body literaly pinning the body of his partner. One recalls the astonishing scene where a girl counts down seven ,six ,five, four three, two, one to an ejaculation, a technique to control, indeed to program an explosion. Everywhere the faces smile, swoon or grimace. There does not seem to be any rules besides that of orgasm

One could add that in this ninth Glimpse it’s not only an aesthetic and an ethic that is evident but a definite esprit de corps . If there is theatricality it’s because what we have here is a “troupe”: There is Stuart himself, his favorite actors and actresses( despite several new venuses), a technical team, equipment in plain sight. The spectator will be seduced by these furtive moments where for example the troupe will assemble after a filming session. If Stuart chooses to show us backstage it’s because he experiences also a satisfaction in producing a Glimpse. He’s telling us that behind the sophistication of a filmed production (sex on a trapeze for example) is the reality of having passed a special moment (or time) together. Isn’t this, in the end what Stuart is after? Before all is forgotten, the record of all the hours working together creating pleasure.

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Le collectionneur

La réalisation de son premier long métrage de fiction, The lost door, n’empêche pas Roy Stuart de poursuivre sa collection de Glimpses avec un nouvel opus, le neuvième de la série. Collection est bien le mot : hétéroclite et baroque, comme en un cabinet de curiosités. Ici, l’ordre des scènes importe peu. L’unité organique de l’ensemble est assurée par ce qu’il faut bien appeler la topique stuardienne. L’appartement haussmannien; les rues du quartier ; quelques villes européennes : autant d’éléments appartenant à l’espace obligé de sa dramaturgie. Le spectateur y retrouve quelques modèles déjà aperçus, des situations récurrentes se succédant de chapitre en chapitre et que sépare un sobre fondu au noir. L’action, en l’occurrence, retrouve les grands figures du cinéaste : masturbation au fauteuil, urologie, sexe sur le tapis ou dans les bois, semi exhibition dans la rue. Pas de récit – ou si peu – mais un enchaînement de l’ordre de la représentation, tant l’impression est forte pour le spectateur de se retrouver en terrain connu.

Est-ce à dire que le cinéaste se répète ? Ce n’est pas si simple. Tout se passe comme si, en poète formaliste – ou en dramaturge classique – , Stuart cherchait à inscrire dans un cadre rigide la liberté inaliénable du sexe, son credo depuis toujours. Le principe même de la série suppose la répétition, mais ce sont alors les infimes variations qui nous intéressent. Par exemple, Stuart n’hésite pas à mettre en scène l’homme portemanteau (inversant les codes de la pornographie machiste) et la beauté du black, son corps parfait épinglant littéralement sa partenaire. On retiendra aussi la scène étonnante où une fille prononce le compte à rebours (« sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un ! ») de l’éjaculation, une manière de contrôler – voire de programmer – l’explosion… Tour à tour les visages sourient, s’assombrissent ou se contractent, il n’y a pas de règles sinon celle de jouir.

On ajoutera qu’avec ce neuvième Glimpse ce ne sont pas seulement une esthétique et une éthique qui s’imposent définitivement mais un véritable esprit de corps. S’il y a théâtralité, c’est aussi que nous retrouvons à proprement parler une « troupe » : Suart lui-même, ses acteurs fétiches (malgré quelques nouveaux venus), une équipe technique, du matériel qu’on ne dissimule pas. Le spectateur sera séduit par ces moments furtifs où, dans la bonne humeur, le groupe se rassemble après une prise. Si Stuart choisit de nous montrer le backstage, c’est qu’il témoigne aussi du plaisir qu’il y a faire un Glimpse. Il nous dit que derrière la sophistication d’un dispositif scénique (l’amour au trapèze par exemple) se trouve la réalité d’un moment heureux passé ensemble. N’est-ce pas au fond ce que collectionne aussi Stuart ? Avant qu’elles ne tombent dans l’oubli, la trace des heures passées à travailler tout en se faisant plaisir.

–Alain Deloffre

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Roy Stuart

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The alphabet in Morse code transmitted by the man into the woman.

通過活塞運動發送的摩斯電碼字母表.

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video, 3 min. 30 sec.
2011
anetta mona chisa & lucia tkacova

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