Glimpse Vol. 9 extrait 2 / Glimpse Vol. 9 preview 2 / Glimpse Vol. 9 片段二

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Roy Stuart

Glimpse Vol. 9 extrait 1 / Glimpse Vol. 9 preview 1 / Glimpse Vol. 9 片段一

The Collector
Review by Victor Westman

The completion of his feature film, The Lost Door did not stop Roy Stuart from continuing to work on his Glimpse films and produce a new opus, the ninth in the series. Collection is more the word: heterogeneous and baroque, like a cabinet of curiosities. Here the order of scenes matters little. The organic unity of the ensemble is assured . the elegant apartment; the Parisian streets; the European cities …

The spectator percieves some models from past Glimpse films, recurring situations, succeeding chapters separated by sober fade outs to black. Several scenes presented in the Glimpse teaser from the Taschen book”ROY STUART V” can be seen here in their complete version.

The action revolves around the main themes of the filmaker : masturbation in the armchair, urologie, sex on the carpet or in the woods, semi exhibition in the street. A minimum linear narrative but with a connection…..

Is the filmaker repeating himself? Not so simple.
It’s as if a formal poet or a classical dramatist is at work-, Stuart seeks to register in a rigid framework the inalienable liberty of sex, his perpetual credo. The basic format of the series implies repetition but it is the subtle vartiations that interest us. For example Stuart doesn’t hesitate to film the man in the raincoat (reversing the roles of macho pornography) and the beauty of the black man, his perfect body literaly pinning the body of his partner. One recalls the astonishing scene where a girl counts down seven ,six ,five, four three, two, one to an ejaculation, a technique to control, indeed to program an explosion. Everywhere the faces smile, swoon or grimace. There does not seem to be any rules besides that of orgasm

One could add that in this ninth Glimpse it’s not only an aesthetic and an ethic that is evident but a definite esprit de corps . If there is theatricality it’s because what we have here is a “troupe”: There is Stuart himself, his favorite actors and actresses( despite several new venuses), a technical team, equipment in plain sight. The spectator will be seduced by these furtive moments where for example the troupe will assemble after a filming session. If Stuart chooses to show us backstage it’s because he experiences also a satisfaction in producing a Glimpse. He’s telling us that behind the sophistication of a filmed production (sex on a trapeze for example) is the reality of having passed a special moment (or time) together. Isn’t this, in the end what Stuart is after? Before all is forgotten, the record of all the hours working together creating pleasure.

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Le collectionneur

La réalisation de son premier long métrage de fiction, The lost door, n’empêche pas Roy Stuart de poursuivre sa collection de Glimpses avec un nouvel opus, le neuvième de la série. Collection est bien le mot : hétéroclite et baroque, comme en un cabinet de curiosités. Ici, l’ordre des scènes importe peu. L’unité organique de l’ensemble est assurée par ce qu’il faut bien appeler la topique stuardienne. L’appartement haussmannien; les rues du quartier ; quelques villes européennes : autant d’éléments appartenant à l’espace obligé de sa dramaturgie. Le spectateur y retrouve quelques modèles déjà aperçus, des situations récurrentes se succédant de chapitre en chapitre et que sépare un sobre fondu au noir. L’action, en l’occurrence, retrouve les grands figures du cinéaste : masturbation au fauteuil, urologie, sexe sur le tapis ou dans les bois, semi exhibition dans la rue. Pas de récit – ou si peu – mais un enchaînement de l’ordre de la représentation, tant l’impression est forte pour le spectateur de se retrouver en terrain connu.

Est-ce à dire que le cinéaste se répète ? Ce n’est pas si simple. Tout se passe comme si, en poète formaliste – ou en dramaturge classique – , Stuart cherchait à inscrire dans un cadre rigide la liberté inaliénable du sexe, son credo depuis toujours. Le principe même de la série suppose la répétition, mais ce sont alors les infimes variations qui nous intéressent. Par exemple, Stuart n’hésite pas à mettre en scène l’homme portemanteau (inversant les codes de la pornographie machiste) et la beauté du black, son corps parfait épinglant littéralement sa partenaire. On retiendra aussi la scène étonnante où une fille prononce le compte à rebours (« sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un ! ») de l’éjaculation, une manière de contrôler – voire de programmer – l’explosion… Tour à tour les visages sourient, s’assombrissent ou se contractent, il n’y a pas de règles sinon celle de jouir.

On ajoutera qu’avec ce neuvième Glimpse ce ne sont pas seulement une esthétique et une éthique qui s’imposent définitivement mais un véritable esprit de corps. S’il y a théâtralité, c’est aussi que nous retrouvons à proprement parler une « troupe » : Suart lui-même, ses acteurs fétiches (malgré quelques nouveaux venus), une équipe technique, du matériel qu’on ne dissimule pas. Le spectateur sera séduit par ces moments furtifs où, dans la bonne humeur, le groupe se rassemble après une prise. Si Stuart choisit de nous montrer le backstage, c’est qu’il témoigne aussi du plaisir qu’il y a faire un Glimpse. Il nous dit que derrière la sophistication d’un dispositif scénique (l’amour au trapèze par exemple) se trouve la réalité d’un moment heureux passé ensemble. N’est-ce pas au fond ce que collectionne aussi Stuart ? Avant qu’elles ne tombent dans l’oubli, la trace des heures passées à travailler tout en se faisant plaisir.

–Alain Deloffre

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